Non à la bureaucratie et Oui à la liberté pédagogique !

Nous allons présenter notre programme de réforme de l’éducation en 3 étapes : constat, analyse des modèles étrangers et nos propositions de solutions.

  1. Le constat d’une école française en déclin

Depuis les dernières décennies, les performances scolaires de la France sont en plein déclin ou au mieux en stagnation que ce soit en maths, en lecture, en écriture ou en sciences, pour tout les niveaux et dans chaque étude, que ce soit PISATIMSSPIRL.

Ce n’est pourtant pas un problème de financement, la France étant dans la moyenne des pays développés dans le budget de l’éducation nationale.

Mais que les étudiants se rassurent, les adultes sont tout aussi mauvais d’après les résultats de l’étude de l’OCDE PIAAC ! Encore pire que les Américains !

Et pour couronner le tout : notre système scolaire est le plus inégalitaires de tous les systèmes concernés par les études que je viens de citer.

Mais que faire face à une telle catastrophe ?

2. Qu’est-ce qui marche ailleurs ?

D’un côté, nous avons des gens qui disent que la compétition et l’élitisme du système éducatif français sont responsables de ces mauvais résultats et qu’il faut le reformer sur le modèle finlandais, sans pression ni esprit de compétition. De l’autre, nous en avons qui blâment la baisse des exigences et le refus hypocrite de la sélection, avec notamment la fin du certificat d’étude primaire ou l’objectif démagogue de donner le bac à 80% d’une classe d’âge, ainsi que la rupture datant des années 70 avec les méthodes d’enseignement traditionnelles. Ceux-là veulent imiter les systèmes des pays d’Asie du Sud-Est tels le Japon ou la Corée du Sud ou encore Singapour.

Pour vous éclairer sur notre point de vue, voici une vidéo que j’ai trouvé intéressante des « Jeunes Libéraux » sur notre déclin scolaire et les solutions possibles pour y remédier.

Cette analyse est sans concession et impitoyable envers notre système et les arguments sont ,je trouve, assez bien trouvés, même si j’aurais préféré qu’ils diversifient leurs sources sur les mauvaises performances des français car se baser uniquement sur le classement PISA les exposent aux critiques sur la légitimité de cette étude.

De plus, j’ai l’impression que le modèle asiatique a été encore une fois dédaigneusement rejeté malgré ses résultats impressionnants et réduit à une pure maltraitance d’enfants.

Cependant, revenons au sujet de la France. Le diagnostic est assez juste : la bureaucratie est trop étendue, le ministère de l’éducation nationale étant bien trop contrôlant, il détourne la gestion de l’enseignement des véritables experts du sujet aux bureaucrates et aux politiciens. Et la remarque sur les politiciens ayant plus intérêt à faire passer des réformes nuisibles pour que le gouvernement suivant prenne le blâme m’a fait penser à cette satire que j’ai trouvé sur internet :

Et celle-ci :

Quant aux solutions : la décentralisation, appliquée non seulement en Estonie mais aussi chez la très admirée Finlande et le Canada, qui a lui-même de très bons résultats, qui n’a pas de ministère de l’éducation nationale ainsi que laisser la place à l’autonomie semblent donc de très bonnes idées après tout, qui d’autres que les professeurs et chefs d’établissement pourraient être mieux qualifiés pour gérer l’enseignement, la discipline et les besoins des écoles ?

Quant à l’initiative d’aller plus loin que la fin de la bureaucratie et de mettre fin à l’école à la carte par des bons scolaires ou chèque-éducation, elle a déjà été mise en place en Suède, avec un palmarès mitigé avec des opposants très dévoués qui pointent du doigt la chute de la Suède dans les classements PISA (malgré une certaine remontée depuis et le fait que la chute ait eu lieu plus d’une décennie après l’instauration du choix de l’école) bien que les performances des Suédois restent très bonnes dans les autres études et que les élèves inscrits dans les écoles privées financées publiquement n’ont jamais dépassé que 20% des élèves suédois. L’initiative a toujours aujourd’hui des partisans, en particulier les parents des milieux défavorisés.

D’un autre côté, aux Pays-Bas, il y a une option de choix de l’école qui existe depuis 1917 : les Bijzonder onderwijs (école spéciale).

71,56% des élèves néerlandais ont été inscrits dans ces écoles en 2020 ! Et les résultats de ce système sont bons à très bons dans tous les classements, allant de PISA à TIMSS, en passant par PIRL et PIAAC.

Les résultats TIMSS en maths avec les Pays Bas (Netherlands) beaucoup plus haut (538 points) que la France (485).
518 points pour les Pays Bas contre 488 pour la France en sciences (à noter que la Suède s’en sort très bien dans ce classement).
3ème place pour les Néerlandais et 5ème pour les Suédois !

Cependant, le chèque éducation n’est pas une recette miracle. Le Chili y a recours depuis les années 80 et est toujours parmi les plus mauvais pays sur les performances scolaires bien qu’on puisse toujours dire que c’est parce que c’est toujours un pays intermédiaire avec moins de moyens que les Européens et que si ses résultats restent faibles,comme on peut le voir dans tous les classements que je viens de montrer, il n’y a aucune preuve qu’ils baissent ou stagnent, encore moins à cause de son système. Le Chili est même l’un des meilleurs pays d’Amérique latine selon ces mêmes classements.

Enfin, comment parler de bons scolaires sans mentionner les « charter schools » américaines mais aussi canadiennes (plus précisément en Alberta) ! Créées dans les années 90, elles sont fortement étendues depuis, contenant aujourd’hui 6% des élèves américains. Il y a un fort débat sur l’extension de ce système au États-Unis, les principaux opposants à ces écoles étant les syndicats enseignants et leurs principaux arguments étant :

– Elles détournent de l’argent des écoles publiques (de districts)

-Leurs résultats aux tests locaux et nationaux ne sont significativement supérieurs.

-La gestion privée c’est forcément pour le profit et c’est mal !

-Ça crée une ségrégation raciale (que ne crée absolument pas la carte scolaire évidemment !).

Bien sûr, étant donner que les catégories sociales et éthiques les plus surreprésentés dans les charter schools sont celles qui ont le plus tendance à être en échec scolaire, qu’elles arrivent à égaler les écoles avec des élèves de milieux plus favorisés est déjà plutôt encourageant, l’économiste noir américain Thomas Sowell a d’ailleurs écrit un livre sur ce sujet : Charter Schools and Their Enemies. Il y décrit très en détail les différences de résultats et les performances entre les écoles publiques traditionnelles et les charter schools, en faisant très attention à comparer des écoles comparables en composition, taille et situation géographique et le constat est sans appel : les Charter Schools l’emportent de très loin et d’après cette étude du NBER(national bureau of economic research) l’impact de ces écoles sur l’éducation des enfants pauvres et des minorités est très largement positif. De plus, nous pouvons dans les statistiques nationales que par exemple les lycée charter schools qui ne représentent que 7% du nombre total d’écoles aux États-Unis ( environ 7000 pour près de 100000 lycées) 24% des 100 meilleurs lycées aux États-Unis sont des charter schools. Enfin, last but not least, non seulement le soutien populaire envers ces écoles augmente mais il crée des divisions au sein du parti démocrate entre les blancs, défavorables, et les noirs et hispaniques, favorables.

On aurait aussi pu mentionner le système britannique des Academy et Free Schools introduites respectivement sous les gouvernements de Tony Blair et de David Cameron qui pourrait être associé avec des progrès du Royaume- Uni dans les classements PISA ces dernières années.

Ou que même Hong Kong a aussi mis en place un système de choix de l’école en 1992.

J’en conclus que les systèmes de bons scolaires ont tendance à être des succès bien que ce ne soient pas des recettes miracles.

3. Nos propositions

Nous proposons donc sur le modèle estonien et plus globalement nordique de décentraliser notre système et de donner plus de responsabilité aux collectivités locales dans le financement des budgets des écoles publiques.

Dans la même lignée, nous proposons également de donner plus d’autonomie aux écoles publiques dans leurs programmes, leurs méthodes d’enseignement et leurs moyens d’embauches ainsi que la façon dont les salaires des enseignants sont fixés.

De plus, nous souhaitons donner des alternatives aux écoles défaillantes pour les enfants pauvres grâce au chèque éducation.

Notre but est de limiter le contrôle du gouvernement sur l’éducation à 2 domaines :

  • Le financement pour les familles en ayant besoin.
  • Et l’examination des performances, des progrès et de l’efficacité des méthodes des établissements à travers des évaluations nationales au début et à la fin de chaque cycle, la participation à ces évaluations seront les conditions sine qua non pour que les écoles privées puissent recevoir un financement public quelconque, ces tests ne serviront que d’indicateurs du niveau de maîtrise des élèves et des établissements des savoirs fondamentaux en français, mathématiques, informatique de base, anglais, histoire géo (à partir du collège) et sciences (à partir du collège). Comme ils ne pourront être utilisés que pour des comparaisons, il n’y aura aucun risque d’inflation des notes (ces évaluations nationales remplaceront les examens nationaux tels que le brevet et le bac qui de toute façon ne valent plus rien aujourd’hui).

Sur le point des évaluations nationales, notre inspiration vient des pays asiatiques, qui, tel le Japon par exemple, utilisent régulièrement les tests nationaux et les concours dans leurs systèmes scolaires.

En ce qui concerne l’enseignement supérieur, nous suggérons l’encouragement de partenariat entre universités et entreprises dans la recherche par exemple pour donner une expérience professionnelle aux étudiants et des opportunités de financement supplémentaires pour les universités.

Nous souhaitons aussi laisser les établissements supérieurs décider de leur modèle de sélection avec une préférence pour les concours anonymes, là aussi inspirée par le modèle asiatique, mais aussi car la sélection sur dossier peut-être truquée par les différences de notations et de contrôles entre les lycées et la sélection sur tirage comme avec APB est purement inacceptable.

Nous assumons ouvertement la sélection par opposition à l’hypocrisie complète de ses opposants car honnêtement, peu importe comment on s’y prend, à quel moment on s’y prend, il y aura toujours une sélection.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :